Presse

http://www.progarchives.com/Review.asp?id=1319754

***** 2 Years ago Aranis released their 5th album "Made in Belgium" which contained compositions of various Belgium composers. Apparently the album was a (relative) success so Aranis decided to make a follow up: Made in Belgium part 2. More of the same perhaps? No! There are some distinct differences compared to part 1. The most obvious one is that flute player Jana Arntz provides lead vocals on a couple of tracks. This is a really nice addition to their instrumental capabilities so my only complaint is that I wish there was more of it. Furthermore on MIB 2 the intensity levels seem to be turned up a few notches. Tracks like Skip 21, Hit, Tolles Pferd and La vague all show an aggressiveness that wasn't there before. I like it! All the tracks are good and show different sides of the band. There is a wild rocky tune (la vague) , a tango-ish tune (kablamo), a funny tune (Tolles Pferd), an atmospheric tune (DSK) and everything in between. I wont go into detail on all the tracks but I do want to specially mention the last two tracks. First there is the mighty "cell stress" of UZs Kurt Budé. My favorite track on the album and probably the best track they've ever recorded. The track is a 10 minute multi-headed beast that builds up to a great climax that leaves you gasping for air. Luckily it is followed by the wonderful melancholic and folky Funanmbul, composed by (for me completely unknown) Aurelia Dorzee. This is a prefect track to dream away with and calm down to so that, after its finished, you can play the CD immediately again. Overall I think part 2 is an improvement over part 1 (and I already completely loved that one). Together with 'the Cellar and point- Ambit' this is absolutely my favorite record of the year. I guess there is only one thing left to say. Aranis are tagged with the dreaded Rio/Avant prog label. For many people this is the synonym of 'difficult unlistenable music'. Surely, Aranis make chamber rock; a stylistic marriage of modern classical chamber music, rock and folk but in this case it always stays a very structured and melodic affair. There is never any senseless noodling or complexity for the sake of sounding smart. In fact Aranis makes fairly accessible melodic music that could appeal to a much larger crowd, if they would get the chance to hear it. So please do not let that RIO-tag deter you and give this album a chance. It makes a great introduction to the music of Aranis and Belgium chamber rock in general.- Joost The Dunno

Traverses magazine n° 33 (Juin '13)

Le quintet ARANIS joue ensemble depuis 10 ans. Joris  VANVINCKENROYE, contrebassiste, est le compositeur attitré. Les autres musiciens : Jana ARNS, flûte traversière, Stijn DENYS, guitare, Liesbeth LAMBRECHT, violon et alto, Marjolein COOL, accordéon (subtil et parfois planant). Ward de VLEESCHHOUWER au piano est invité. Il faut les voir sur scène pour se rendre compte de l’unité musicale qu’ils forment, de leur complicité au service de la musique. Pourtant, il n’y a pas de routine : le compositeur et son groupe font le pari du renouvellement pour chacune de leur production discographique. Il faut les voir sur scène pour se rendre compte de l’unité musicale qu’ils forment, de leur complicité au service de la musique. Pourtant, il n’y a pas de routine : le compositeur et son groupe font le pari du renouvellement pour chacune de leur production discographique. Pour ce cinquième opus, la « nouvelle impulsion » d’ARANIS vient de l’interprétation d’oeuvres d’autres compositeurs (cf. interview TRAVERSES n° 30). 

On peut imaginer que ce disque est la reconnaissance d’une filiation artistique avec la musique de chambre rock dont la Belgique est la première ambassadrice et dont les 10 compositeurs joués dans ce disque sont peu ou prou des représentants. On peut imaginer, aussi, que l’acte de naissance de ce projet se trouve dans le concert Once upon a Time in Belgium qui a réuni ARANIS et deux grands anciens belges de ce courant musical, UNIVERS ZERO et PRESENT, créé au festival Rock in Opposition 2011 (cf. TRAVERSES n° 31) dont les deux compositeurs sont présents dans ce disque.
Le nombre de compositeurs joués dans ce disque apporte une diversité déclinaisons du genre. Cette diversité est transcendée par le jeu du groupe dont la cohérence déjà citée fait des miracles. De plus, cette diversité est utilisée comme une richesse par l’ordonnancement des morceaux. 
Par ailleurs, plusieurs compositeurs, les moins connus pour moi, sont de la région d’Anvers, d’où vient ARANIS, et de Gand. On dirait qu’il y a dans cette partie des Flandres belges une jeune famille musicale (ont-ils 40 ans ?) qui fréquente, d’un côté, les conservatoires classiques et jazz, et qui, de l’autre côté, s’inspire des musiques du monde (Inde, Turquie, Afrique subsaharienne, Argentine… élargissant nos références usuelles à l’Europe de l’Est). Plusieurs d’entre eux jouent ensemble dans des groupes tels que OLLA VOGALA qui réunit deux compositeurs présents ici, ou TRIOVIOOL qui réunit deux autres avec le frère de Joris VANVINCKENROYE. Bref, on est en famille et, peut-être, est-ce fédérateur ? Et la musique ? Et bien suivons le disque. 
Nonchalance de Jan KUIJKEN ouvre le disque d’un riff de violoncelle et guitare e-acoustique qui montre l’accointance entre l’instrumentation classique et la composition rock. Mais c’est pour mieux tromper l’auditeur car le morceau évolue rapidement, après une longue respiration de glissandi et une séquence de pizzicati au violon et contrebasse accompagnés de la flûte traversière, vers le même riff mais coloré d’un folklore tzigane. C’est dynamique et vivant. Jan KUIJKEN, né en 1964, violoncelliste, est connu dans ces  colonnes pour avoir été le compositeur du groupe LOUISE AVENUE qui a créé le titre sur son disque Let’s Take no more (1993), groupe déjà repéré comme le vecteur d’une musique mariant forme classique et fond rock, sans batterie mais très rythmé ! Depuis, il a poursuivi son chemin de compositeur (quartets, musiques pour ballet…) et l’on retiendra notamment sa performance pour violoncelle et haut-parleurs en 2006. 
Le Feu de Wouter VANDENABEELE couve tout au long de ses 7’ menées par trois notes insistantes jouées tour à tour par tous les instruments, barrées parfois de scansions qui font monter la pression sur cette envolée dramatique jusqu’à la danse des flammes interrompue par la percussion de la contrebasse frappée, un très juste et bel effet, avant la reprise du thème virevoltant jusqu’au final surprise. Wouter VANDENABEELE, violoniste, est un compositeur et arrangeur insaisissable et hyper-actif, capable de composer des « chansons sans paroles », de diriger son « orchestre de musique du monde » OLLA VOGALA, de donner des cours de violon folk dans la banlieue de GAND. Il a publié une vingtaine de CD. 
Inara de Ward de VLEESCHHOUWER s’ouvre sur une danse endiablée à deux instruments à l’unisson,  jamais les mêmes, et stoppe net sur un riff lent et  angoissant au violoncelle et piano rappelant le Jack the Ripper d’UNIVERS ZERO. Les autres instruments se répondent alors sur une partition plus lumineuse, et la danse reprend, effrénée. Le final est plus calme au son de l’accordéon qui s’étire.  Ward de VLEESCHHOUWER, pianiste, est connu dans ces colonnes pour sa participation au concert acoustique de PRESENT au festival Rock in Opposition de 2007 et pour avoir accompagné régulièrement ARANIS sur disque ou sur scène. Très marqué par l’Afrique, ses compositions y font souvent référence dans les titres et parfois dans les instruments utilisés même si le piano est prédominant. The Gentlemen of Leisure est une composition de Wim MERTENS publiée en 1988. Si les deux titres précédents portent en eux une rythmique plus sauvage et complexe, ici la tonalité est positive et le rythme est univoque. La répétition au piano et violon nous entraîne de bout en bout en rythme, la flûte pointant les temps sur les notes aiguës avec délicatesse. La contrebasse pulse, la guitare électrique non saturée s’entrelace avec l’accordéon et le violon jusqu’à la note finale.  Wim MERTENS, né en 1953, pianiste et guitariste, est (très) connu pour ses compositions de musique minimaliste répétitive. Les plus âgés d’entre nous se rappelleront ses premiers disques sous le nom de SOFT VERDICT sur le label de Tuxedo Moon. Il a écrit un livre sur la musique répétitive américaine (1983) et tourne en permanence dans le monde entier. Il a publié plus de 50 CD et écrit pour les pièces de théâtre et des films (Peter GREENAWAY, les frères DARDENNE, Paul COX…). 
Where is Grommit ? d’Arn VAN DONGEN, revient aux fondamentaux du piano est toujours la base rythmique mais la composition est moins linéaire que le précédent.  La phrase  genre avec une ouverture à l’ambiance sombre, piano, contrebasse et accordéon jouant dans les graves, la flûte jouant comme un oiseau à l’agonie. Mais c’était pour mieux nous surprendre car le morceau s’avère en fait une romance folk (une gavotte ?). Pierre CHEVALIER, invité et acolyte d’ARANIS depuis leur disque précédent et sur scène, nous gratifie d’un solo de piano avec percussion sur le corps de la contrebasse qui introduit un rythme à la Gilbert ARTMAN (URBAN SAX) pour retour à l’ambiance plus dramatique.  Arne VAN DONGEN, né en 1971, contrebassiste, est à la fois premier prix de conservatoire et amateur d’improvisation jazz et de folk (il a travaillé avec Gabriel YACOUB et Jan de SMET). Il a signé la musique du film 38 témoins de Lucas BELVAUX et plusieurs pièces de théâtre et de danse. 
Le Mar T’eau de Geert WAEGEMAN s’ouvre sur un riff d’une note sur le piano. Un vrai rock à un doigt ! Le morceau est construit làdessus et l’effet est garanti. La contrebasse renforce le rythme. La flûte joue l’air principal. La guitare et le violon jouent l’harmonique en pizzicato alors que l’accordéon, au contraire, étire ses notes. Break : on revient à la note rock. Solo de piano satiesque et reprise et du riff par le piano. Le thème est repris par la flûte rejointe par le violon et la guitare. Un modèle de musique de chambre rock ! Geert WAEGEMAN, violoniste et claviériste, fondateur du groupe de « musique de chambre urbaine » CRO MAGNON dans les années 90. Sa production est plus sporadique : deux disques avec Iva BITTOVA et Pavel FAJT, un disque de folk/chanson en 2009, une mise en musique du film Dr Jeckyll and Mr Hyde. Pas de nouvelle récente à part ce morceau sur le dernier ARANIS. 
Short Story de Luc de GEZELLE est une courte ballade (moins de 2’) entrecoupée et terminée par une hachure d’instruments qui ne présagent rien de bon quant à l’issue de la ballade… Luc de GEZELLE est violoniste et pianiste. Il a étudié la photographie puis la musique au conservatoire de Gand (violon jazz). Il a étudié la musique indienne. Il compose pour différents groupes dans lesquels il joue ou non. 
L1 de Joris VANVINCKENROYE, au titre énigmatique, recouvre une composition conforme au style d’ARANIS avec un « air » joué et repris tout au long du morceau. Mention spéciale à la contrebasse qui sonne à certains moments comme une guitare électrique. Joris VANVINKENROYE, avant ARANIS, a composé et joué dans le groupe folk TROIS SOEURS (1994) et dans un groupe de tango. Il multiplie les expériences musicales soit en collaborations (il vient de sortir un CD avec Wouter mélodique est toujours très positive, jouée à l’unisson par l’accordéon et la flûte (superbe). 
Bulgarian Flying Spirit Dances 2 de Daniel DENIS est une reprise d’un morceau paru sur son disque solo Les Eaux troubles (1993). Le titre illustre parfaitement la musique. Il n’y a rien à ajouter. Daniel DENIS, né en 1953, est le fondateur d’UNIVERS ZERO (1974), groupe qui a créé le genre « musique de chambre rock ». Le groupe dont on dit que « si STRAVINSKY avait monté un groupe de rock, ce serait celui-là ». Bel acte de naissance ! 
Viaggio fra due fini de Dick van der HARST, s’ouvre sur un duo violon/accordéon mélancolique bientôt rejoint par la contrebasse puis la flûte plus contemporaine. D’un seul coup, on passe à un autre morceau, plus enjoué, dynamique, chantant. Bientôt, des ruptures rock transforment le morceau lui donnant une ambiance plus inquiète et la fin, quasi ad libid, laisse planer le doute. Dick van der HARST est multi-instrumentiste. Nous le connaissons pour avoir joué de la guitare gitane sur un morceau du premier CD d’ARANIS. Ses compositions mélangent le jazz, le classique et les musiques du monde (flamenca, gitane, grecque ...). Il reçu des commandes pour diverses manifestations institutionnelles et des pièces de théâtre musical. Il a publié une quinzaine de CD. 
Ersatz de Roger TRIGAUX est le dernier et le plus aventureux morceau du disque. Le summum, même. Il s’agit de la reprise d’un morceau du deuxième disque de PRESENT, Le Poison qui rend fou (1985). L’original pourrait faire croire à une sorte d’improvisation à la guitare éminente. Ici, ARANIS fait ressurgir la complexité de la composition, ses méandres rock et en conserve la folie en faisant pousser des cris à Jana ARNS, la flûtiste ! Roger TRIGAUX, guitariste, a été co-fondateur de UNIVERS ZERO (1974) puis du groupe PRESENT (1979). Le plus rock, le plus fantasque, le plus jusqu’auboutiste, il est un compositeur dont les oeuvres sont très électriques dans la forme, complexes dans le fond même si la répétition peut parfois être utilisée jusqu’à la transe. 
Voici donc une sorte de page encyclopédique de la musique de chambre rock qui se bonifie avec les écoutes et qui méritait une longue chronique ! L’histoire n’est pas finie : il se murmure qu’un Made in Belgium n° 2 se prépare. A suivre, donc. 
Site : www.aranis.be -Label : www.homerecords.com Frédéric Vion

New French article about 'made in Belgium'- Traverses magazine (Juin '13)

Le quintet ARANIS joue ensemble depuis 10 ans. Joris  VANVINCKENROYE, contrebassiste, est le compositeur attitré. Les autres musiciens : Jana ARNS, flûte traversière, Stijn DENYS, guitare, Liesbeth LAMBRECHT, violon et alto, Marjolein COOL, accordéon (subtil et parfois planant). Ward de VLEESCHHOUWER au piano est invité. Il faut les voir sur scène pour se rendre compte de l’unité musicale qu’ils forment, de leur complicité au service de la musique. Pourtant, il n’y a pas de routine : le compositeur et son groupe font le pari du renouvellement pour chacune de leur production discographique. 

 Il faut les voir sur scène pour se rendre compte de l’unité musicale qu’ils forment, de leur complicité au service de la musique. Pourtant, il n’y a pas de routine : le compositeur et son groupe font le pari du renouvellement pour chacune de leur production discographique. Pour ce cinquième opus, la « nouvelle impulsion » d’ARANIS vient de l’interprétation d’oeuvres d’autres compositeurs (cf. interview TRAVERSES n° 30). 

On peut imaginer que ce disque est la reconnaissance d’une filiation artistique avec la musique de chambre rock dont la Belgique est la première ambassadrice et dont les 10 compositeurs joués dans ce disque sont peu ou prou des représentants. 

On peut imaginer, aussi, que l’acte de naissance de ce projet se trouve dans le concert Once upon a Time in Belgium qui a réuni ARANIS et deux grands anciens belges de ce courant musical, UNIVERS ZERO et PRESENT, créé au festival Rock in Opposition 2011 (cf. TRAVERSES n° 31) dont les deux compositeurs sont présents dans ce disque. 

Le nombre de compositeurs joués dans ce disque apporte une diversité déclinaisons du genre. Cette diversité est transcendée par le jeu du groupe dont la cohérence déjà citée fait des miracles. De plus, cette diversité est utilisée comme une richesse par l’ordonnancement des morceaux. 

Par ailleurs, plusieurs compositeurs, les moins connus pour moi, sont de la région d’Anvers, d’où vient ARANIS, et de Gand. On dirait qu’il y a dans cette partie des Flandres belges une jeune famille musicale (ont-ils 40 ans ?) qui fréquente, d’un côté, les conservatoires classiques et jazz, et qui, de l’autre côté, s’inspire des musiques du monde (Inde, Turquie, Afrique subsaharienne, Argentine… élargissant nos références usuelles à l’Europe de l’Est). Plusieurs d’entre eux jouent ensemble dans des groupes tels que OLLA VOGALA qui réunit deux compositeurs présents ici, ou TRIOVIOOL qui réunit deux autres avec le frère de Joris.

Take no more (1993), groupe déjà repéré comme le vecteur d’une musique mariant forme classique et fond rock, sans batterie mais très rythmé ! Depuis, il a poursuivi son chemin de compositeur (quartets, musiques pour ballet…) et l’on retiendra notamment sa performance pour violoncelle et haut-parleurs en 2006. 

Le Feu de Wouter VANDENABEELE couve tout au long de ses 7’ menées par trois notes insistantes jouées tour à tour par tous les instruments, barrées parfois de scansions qui font monter la pression sur cette envolée dramatique jusqu’à la danse des flammes interrompue par la percussion de la contrebasse frappée, un très juste et bel effet, avant la reprise du thème virevoltant jusqu’au final surprise. Wouter VANDENABEELE, violoniste, est un compositeur et arrangeur insaisissable et hyper-actif, capable de composer des « chansons sans paroles », de diriger son « orchestre de musique du monde » OLLA VOGALA, de donner des cours de violon folk dans la banlieue de GAND. Il a publié une vingtaine de CD. 

Inara de Ward de VLEESCHHOUWER s’ouvre sur une danse endiablée à deux instruments à l’unisson,  jamais les mêmes, et stoppe net sur un riff lent et  angoissant au violoncelle et piano rappelant le Jack the Ripper d’UNIVERS ZERO. Les autres instruments se répondent alors sur une partition plus lumineuse, et la danse reprend, effrénée. Le final est plus calme au son de l’accordéon qui s’étire.  Ward de VLEESCHHOUWER, pianiste, est connu dans ces colonnes pour sa participation au concert acoustique de PRESENT au festival Rock in Opposition de 2007 et pour avoir accompagné régulièrement ARANIS sur disque ou sur scène. Très marqué par l’Afrique, ses compositions y font souvent référence dans les titres et parfois dans les instruments utilisés même si le piano est prédominant. 

VANVINCKENROYE. Bref, on est en famille et, peut-être, est-ce fédérateur ? Et la musique ? Et bien suivons le disque. 

Nonchalance de Jan KUIJKEN ouvre le disque d’un riff de violoncelle et guitare e-acoustique qui montre l’accointance entre l’instrumentation classique et la composition rock. Mais c’est pour mieux tromper l’auditeur car le morceau évolue rapidement, après une longue respiration de glissandi et une séquence de pizzicati au violon et contrebasse accompagnés de la flûte traversière, vers le même riff mais coloré d’un folklore tzigane. C’est dynamique et vivant. Jan KUIJKEN, né en 1964, violoncelliste, est connu dans ces  colonnes pour avoir été le compositeur du groupe LOUISE AVENUE qui a créé le titre sur son disque Let’s 

The Gentlemen of Leisure est une composition de Wim MERTENS publiée en 1988. Si les deux titres précédents portent en eux une rythmique plus sauvage et complexe, ici la tonalité est positive et le rythme est univoque. La répétition au piano et violon nous entraîne de bout en bout en rythme, la flûte pointant les temps sur les notes aiguës avec délicatesse. La contrebasse pulse, la guitare électrique non saturée s’entrelace avec l’accordéon et le violon jusqu’à la note finale. 

Wim MERTENS, né en 1953, pianiste et guitariste, est (très) connu pour ses compositions de musique minimaliste répétitive. Les plus âgés d’entre nous se rappelleront ses premiers disques sous le nom de SOFT VERDICT sur le label de Tuxedo Moon. Il a écrit un livre sur la musique répétitive américaine (1983) et tourne en permanence dans le monde entier. Il a publié plus de 50 CD et écrit pour les pièces de théâtre et des films (Peter GREENAWAY, les frères DARDENNE, Paul COX…). 

Where is Grommit ? d’Arn VAN DONGEN, revient aux fondamentaux du piano est toujours la base rythmique mais la composition est moins linéaire que le précédent.  La phrase  genre avec une ouverture à l’ambiance sombre, piano, contrebasse et accordéon jouant dans les graves, la flûte jouant comme un oiseau à l’agonie. Mais c’était pour mieux nous surprendre car le morceau s’avère en fait une romance folk (une gavotte ?). Pierre CHEVALIER, invité et acolyte d’ARANIS depuis leur disque précédent et sur scène, nous gratifie d’un solo de piano avec percussion sur le corps de la contrebasse qui introduit un rythme à la Gilbert ARTMAN (URBAN SAX) pour retour à l’ambiance plus dramatique.  Arne VAN DONGEN, né en 1971, contrebassiste, est à la fois premier prix de conservatoire et amateur d’improvisation jazz et de folk (il a travaillé avec Gabriel YACOUB et Jan de SMET). Il a signé la musique du film 38 témoins de Lucas BELVAUX et plusieurs pièces de théâtre et de danse. 

Le Mar T’eau de Geert WAEGEMAN s’ouvre sur un riff d’une note sur le piano. Un vrai rock à un doigt ! Le morceau est construit làdessus et l’effet est garanti. La contrebasse renforce le rythme. La flûte joue l’air principal. La guitare et le violon jouent l’harmonique en pizzicato alors que l’accordéon, au contraire, étire ses notes. Break : on revient à la note rock. Solo de piano satiesque et reprise et du riff par le piano. Le thème est repris par la flûte rejointe par le violon et la guitare. Un modèle de musique de chambre rock ! Geert WAEGEMAN, violoniste et claviériste, fondateur du groupe de « musique de chambre urbaine » CRO MAGNON dans les années 90. Sa production est plus sporadique : deux disques avec Iva BITTOVA et Pavel FAJT, un disque de folk/chanson en 2009, une mise en musique du film Dr Jeckyll and Mr Hyde. Pas de nouvelle récente à part ce morceau sur le dernier ARANIS. 

Short Story de Luc de GEZELLE est une courte ballade (moins de 2’) entrecoupée et terminée par une hachure d’instruments qui ne présagent rien de bon quant à l’issue de la ballade… Luc de GEZELLE est violoniste et pianiste. Il a étudié la photographie puis la musique au conservatoire de Gand (violon jazz). Il a étudié la musique indienne. Il compose pour différents groupes dans lesquels il joue ou non. 

L1 de Joris VANVINCKENROYE, au titre énigmatique, recouvre une composition conforme au style d’ARANIS avec un « air » joué et repris tout au long du morceau. Mention spéciale à la contrebasse qui sonne à certains moments comme une guitare électrique. 

Joris VANVINKENROYE, avant ARANIS, a composé et joué dans le groupe folk TROIS SOEURS (1994) et dans un groupe de tango. Il multiplie les expériences musicales soit en collaborations (il vient de sortir un CD avec Wouter mélodique est toujours très positive, jouée à l’unisson par l’accordéon et la flûte (superbe). 

Bulgarian Flying Spirit Dances 2 de Daniel DENIS est une reprise d’un morceau paru sur son disque solo Les Eaux troubles (1993). Le titre illustre parfaitement la musique. Il n’y a rien à ajouter. 

Daniel DENIS, né en 1953, est le fondateur d’UNIVERS ZERO (1974), groupe qui a créé le genre « musique de chambre rock ». Le groupe dont on dit que « si STRAVINSKY avait monté un groupe de rock, ce serait celui-là ». Bel acte de naissance ! 

Viaggio fra due fini de Dick van der HARST, s’ouvre sur un duo violon/accordéon mélancolique bientôt rejoint par la contrebasse puis la flûte plus contemporaine. D’un seul coup, on passe à un autre morceau, plus enjoué, dynamique, chantant. Bientôt, des ruptures rock transforment le morceau lui donnant une ambiance plus inquiète et la fin, quasi ad libid, laisse planer le doute. 

Dick van der HARST est multi-instrumentiste. Nous le connaissons pour avoir joué de la guitare gitane sur un morceau du premier CD d’ARANIS. Ses compositions mélangent le jazz, le classique et les musiques du monde (flamenca, gitane, grecque ...). Il reçu des commandes pour diverses manifestations institutionnelles et des pièces de théâtre musical. Il a publié une quinzaine de CD. 

Ersatz de Roger TRIGAUX est le dernier et le plus aventureux morceau du disque. Le summum, même. Il s’agit de la reprise d’un morceau du deuxième disque de PRESENT, Le Poison qui rend fou (1985). L’original pourrait faire croire à une sorte d’improvisation à la guitare éminente. Ici, ARANIS fait ressurgir la complexité de la composition, ses méandres rock et en conserve la folie en faisant pousser des cris à Jana ARNS, la flûtiste ! Roger TRIGAUX, guitariste, a été co-fondateur de UNIVERS ZERO (1974) puis du groupe PRESENT (1979). Le plus rock, le plus fantasque, le plus jusqu’auboutiste, il est un compositeur dont les oeuvres sont très électriques dans la forme, complexes dans le fond même si la répétition peut parfois être utilisée jusqu’à la transe. 

Voici donc une sorte de page encyclopédique de la musique de chambre rock qui se bonifie avec les écoutes et qui méritait une longue chronique ! 

L’histoire n’est pas finie : il se murmure qu’un Made in Belgium n° 2 se prépare. A suivre, donc. 

Site : www.aranis.be -Label : www.homerecords.com 

Frédéric Vion

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